Jean Teulé a à peu près imaginé toutes les manières de mettre fin à sa vie avec son Magasin des suicides : pendaison, immolation, empoisonnement… Mais il en a oublié une qu’il ne pouvait pas prévoir, le pauvre : avoir envie de se tirer une balle dans les oreilles à l’écoute de sa version audio.

Le magasin des suicides de Jean Teulé (éditions audio Audiolib)

Le magasin des suicides de Jean Teulé (éditions audio Audiolib)

Si je me suis infligée l’intégralité de ce supplice c’est seulement parce que la durée d’écoute était courte (3h35) et que j’en avais vraiment marre d’abandonner des livres qui me font envie à cause de narrations atroces (voir mon coup de gueule : Livres audio, du meilleur au pire). J’ai donc mis toute mon énergie à dissocier le fond de la forme mais je ne sais pas si j’y suis vraiment parvenue car ce livre me laisse l’impression d’une mauvaise farce, d’une fiction un peu niaise et qui s’essouffle une fois l’énumération des différents modes de suicide tarie.

Forcément, à ce stade je suis incapable de savoir si c’est le ton débilisant pris par Thierry Fréret en mode balourd de l’humour à la sauce série B – il ne manque plus que les rires en boîte – qui a contaminé l’œuvre ou si celle-ci portait déjà en elle son lot de lourdingueries la rendant tout bonnement indigeste.

Mais au fait, de quoi ça parle ? L’idée de ce livre est toute simple mais il fallait y penser ! La famille Tuvache tient une drôle de boutique : Le magasin des suicides. Ici on ne vend que des articles permettant de mettre fin à sa vie avec comme promesse : « Mort ou remboursé ». On en apprend donc beaucoup sur tous les moyens de se foutre en l’air avec légèreté puisque dans le monde des Tuvache, la mort est le sel de la vie. Toute la famille s’emploie à tenir cette boutique florissante et met un point d’honneur de vous aider à partir de ce mode avec classe, sauf Alan, le petit dernier qui est né avec une malformation : voir uniquement la vie du bon côté. Un tel canard boiteux dans une famille de professionnels de la mort suffira à faire les fondations de cette boutique qui vous promet :

Vous avez raté votre vie ? Avec nous vous réussirez votre mort !

Je ne sais pas si ma vie est ratée, quoique j’ai bien une petite idée sur la question. Je ne sais pas plus si ma mort sera réussie et là-dessus je ne suis pas spécialement pressée de le savoir. Mais ce dont je suis certaine c’est que Le magasin des suicides en version audio c’est mortellement raté !


L’ESSENTIEL

Couverture Du magasin des suicides de Jean Teulé

Couverture Du magasin des suicides de Jean Teulé

Le magasin des suicides
Jean TEULE
Editions Julliard et Audiolib
Sorti le 04/01/2007 en GF et le 21/01/2009 en audio
162 pages (3h35 d’écoute)

Genre : satirique, humour noir
Personnages : la famille Tuvache : Lucrèce la mère, Mishima le père, Vincent le fils aîné, Marylin la fille, Alan le petit dernier de nature optimiste
Plaisir de lecture :
Recommandation : non, surtout pas en audio
Lectures complémentaires : Joyeux suicide et bonne année de Sophie de Villenoisy, Allumer le chat de Barbara Constantine

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Imaginez une petite entreprise où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients pour se suicider. Bienvenue dans le Magasin des Suicides, au célèbre slogan : « Mort ou remboursé!’ Mishima Tuvache, le père, spécialisé dans les morts violentes, dirige la maison d’une main de fer. Lucrèce, la mère, adepte de l’empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures fatales. Vincent, le fils aîné, projette la création d’un parc d’attractions sur le thème du suicide. Sa sœur, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l’existence, mais ses parents lui rappellent que : « Chez les Tuvache, on ne peut pas se suicider parce que sinon qui tiendrait le magasin?’ Dans cette famille malheureuse et contente de l’être, le destin a frappé le jour où Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination sexuelle. C’est ainsi qu’est né le petit dernier, Alan, que la nature a doté d’un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil, c’est un coup du sort. Il console les clients, sème une joyeuse pagaille avec son sens de l’humour et ses chansons. Mishima en fait une dépression et doit s’aliter quelques jours, le temps pour Alan de métamorphoser la boutique avec l’aide de sa mère, sa sœur et son frère, atteints par son optimisme. Dorénavant, le M.D.S. (Magasin des Suicides) devient une sorte de M.J.C. locale où les clients se retrouvent pour faire la fête et chercher des solutions à l’avenir du monde. Tout cela se terminera peut-être dans une sorte d’apothéose, car, finalement, le pire n’est jamais sûr !


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Le magasin des suicides

  1. Si vous avez accès à la version papier (et uniquement dans ce cas)
  2. Si vous aimez l’humour noir
  3. Si vous voulez vous imprégner de l’oeuvre avec de regarder le film d’animation

3 raisons de ne pas lire Le magasin des suicides

  1. Si vous n’avez accès qu’à la version audio (fuyez !)
  2. Si l’humour un peu lourd vous rebute
  3. Si vous avez mieux dans votre PAL !
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