A l’heure où tant d’auteurs n’ont strictement rien à dire, mais le disent sur des centaines de pages et le disent mal en plus (non, je ne vise personne…), il est bon de renouer de temps à autres avec de vrais écrivains.

La perle de John Steinbeck (éditions Folio)

La perle de John Steinbeck (éditions Folio)

J’ai rempli ma bibliothèque des œuvres de Steinbeck, c’est mon rempart, je sais que je peux venir y puiser un chef-d’œuvre lorsque j’ai besoin de belles lettres. Je voue une admiration sans bornes à cet auteur qui manie la langue avec une précision et une vivacité d’esprit qui lui sont toutes personnelles. En peu de mots comme en beaucoup, il parvient à créer un réel attachement à ses personnages et à transmettre une morale de l’histoire qui vous accompagne à jamais, une fois le livre refermé. Chacun de ses livres est un enseignement, un cadeau qu’il nous fait pour mieux comprendre l’homme dans toute sa complexité.

Ainsi, dans La perle il est question de convoitise. Des espoirs fous qui l’accompagnent et de la perte qu’elle engendre aussi parfois. De la révolte qui peut naître d’une injustice et d’une volonté de ne pas accepter son sort sans se battre. A-t-on raison de prendre des risques pour refuser ce que d’autres veulent nous imposer ? A-t-on raison d’espérer mieux ou doit-on se contenter de son sort, du destin qui décide pour nous ?

– Oui ? interrogea le docteur.
– C’est un petit Indien avec un bébé. Il dit que le scorpion l’a piqué.
Le docteur posa soigneusement sa tasse avant de donner libre cours à sa colère.
– Est-ce que je n’ai rien de mieux à faire que de soigner les piqûres d’insectes des « petits Indiens » ? Suis-je un docteur ou un vétérinaire ?

Lorsque Kino et sa femme Juana partent à la recherche d’une perle qui leur offrira assez d’argent pour soigner leur bébé, Coyotito, piqué par un scorpion, ils sont à mille lieux d’imaginer qu’ils tomberont sur la plus grosse perle jamais pêchée. Celle que tout le village surnormmera très vite La Perle du monde va pouvoir leur offrir bien plus que les soins nécessaires à leur nourrisson. C’est une toute autre vie qui les attend, une fois qu’ils auront réussi à vendre ce joyau que tous les voisins leur envient…

Les questions qui émaillent ce texte sont nombreuses et capitales. Il n’aura pas fallu plus de 120 pages à John Steinbeck pour nous amener à réfléchir sur le sens de notre vie. Il ne lui aura pas fallu plus que quelques lignes finales pour nous serrer le cœur et nous ouvrir les yeux. Aujourd’hui si je ne devais conseiller qu’un seul auteur, ça serait Steinbeck sans hésiter car au-delà de la beauté de ses textes, j’y trouve un guide de vie, un phare dans la nuit.


L’ESSENTIEL

Couverture de La perle de John Steinbeck

Couverture de La perle de John Steinbeck

La perle
John STEINBECK
Editions Folio
Publié en 1947
122 pages

Genre : classique américain
Personnages : Kino et sa femme Juana et leur fil Coyotito
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤❤
Recommandation : mille fois oui
Lectures complémentaires : toute l’oeuvre de Steinbeck dont Des souris et des hommes et A l’est d’Eden

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Jouant de sa lame comme d’un levier, il le fit céder et le coquillage s’ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse q’un oeuf de mouette. C’était la plus grosse perle du monde.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire La perle

  1. C’est un roman qui se lit très vite mais qui ne s’oublie pas
  2. L’histoire est déchirante
  3. La plume de Steinbeck est magistrale

3 raisons de ne pas lire La perle

  1. Pour moi il n’y en a aucune. Le style de Steinbeck est à la portée de tous les lecteurs et l’histoire est universelle.
0 réponses

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