Misère que je n’aime pas ça ! Recevoir un superbe cadeau d’une amie boostagrameuse et ne pas l’apprécier, c’est la pire chose qui pouvait m’arriver en ce 9e jour de confinement – dans la mesure où depuis le confinement, il ne m’arrive pas vraiment grand-chose alors imaginez ce que ça peut être pire que rien ?! -.

Marche blanche de Claire Castillon (éditions Gallimard)

Marche blanche de Claire Castillon (éditions Gallimard)

Evidemment le cadeau en lui-même m’a beaucoup touchée. Déjà parce que ce roman était le dernier coup de cœur de Clémence mais surtout parce qu’il était un peu un cadeau d’adieu avant qu’elle ne quitte notre beau pays toulousain pour des contrées lointaines mais non moins belles. J’avais hâte de le lire car son billet m’avait séduite, ce roman semblant réunir tous les ingrédients qui font habituellement recette chez moi. Mais voilà, Clémence m’avait prévenue : ce roman divise. J’aurais aimé être du même côté de la barrière qu’elle, je me retrouve finalement en face mais je sais que nous nous retrouverons bientôt sur un autre titre.

 

 

On sursaute ensemble quand on sonne à la porte. Carl se lève pour aller ouvrir. A chaque fois que la porte sonne, je me prépare à voir apparaître Hortense.

Bon alors, qu’est-ce qui n’allait pas dans Marche blanche de Claire Castillon ? Pour moi, très clairement c’est le style. Les phrases sont belles, l’écriture est esthétique, on sent que l’auteure a mis ses tripes dans l’écriture de ce livre. Par ses mots c’est comme si elle sculptait au burin les milles et une facettes de la folie de cette mère, anéantie par la douleur d’avoir perdu sa fille, il y a 10 ans dans un parc et nourrie de l’espoir dément de la voir resurgir sous la forme d’une adolescente dans la famille de ses nouveaux voisins. C’est très beau, c’est bien écrit mais c’est trop pour moi. Ca manque de naturel, c’est surfait, au bout de quelques dizaines de pages ce trop m’a écœurée comme un gâteau trop plein de crème dont on a pourtant apprécié les premières bouchées. Bien que très court, ce roman s’enlise, on a vite compris ce qu’il y a à comprendre, on s’est vite fait une idée sur l’état psychologique de la mère mais ça ressasse encore et encore jusqu’au final fort mais sans aucune surprise, c’était tellement logique tout ça.

La même histoire racontée par un narrateur omniscient m’aurait sans doute beaucoup mieux convenue. Je n’ai pas du tout apprécier cette narration à la première personne, nécessairement foutraque pour coller à l’état psychologique de cette mère à la dérive et pour appuyer encore et toujours sur sa confusion mentale.

Le procédé est trop racoleur, les ficelles trop grosses, l’auteure aimerait nous faire pénétrer dans la tête de cette mère mais ça ne marche pas avec moi. La personnalité de la mère, bien que présentée comme complexe, est finalement très simpliste dans son raisonnement, on la cerne vite et on se surprend à anticiper ses réactions, sans surprise et sans émotion. Et puis on tourne en rond comme un lion en cage, sous prétexte que c’est ce que fait cette mère, mais de toute façon on n’a pas le choix, l’intrigue est tellement pauvre que pour tenir sur la distance il faut ressasser encore et encore.

En définitive, c’est bien ce manque de naturel dans l’écriture que je regrette le plus dans ce livre. Il est un peu à l’image de certains films français très réfléchis, très léchés, très travaillés pour faire très naturel mais qui finissent par souffrir d’une platitude assommante parce qu’on en a oublié l’essentiel, l’émotion.


L’ESSENTIEL

Couverture de Marche blanche de Claire Castillon

Couverture de Marche blanche de Claire Castillon

Marche blanche
Claire CASTILLON
Editions Gallimard
Sorti le 09/01/2020 
176 pages

 

Genre : roman contemporain
Plaisir de lecture : ❤❤
Recommandation : moi non mais Clémence oui
Lectures complémentaires : Chanson douce de Leila Slimani, La petite famille de Sophie Avon, Hortense de Jacques Expert

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Hortense, une fillette de quatre ans, a disparu. Ses parents survivent au drame, entre enquête, espoir et résignation. Dix ans après, de nouveaux voisins emménagent dans la maison d’en face. Leur fille a quatorze ans, exactement l’âge qu’aurait Hortense, et une petite cicatrice sur la lèvre, comme celle de la fillette disparue… Il n’en faut pas plus à la mère pour reconnaître sa fille. Un roman haletant, d’une grande justesse psychologique. Le style implacable de Claire Castillon impose de bout en bout la logique glaciale d’une mère délirante d’amour.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Marche blanche

  1. Pour vous faire votre propre opinion de ce livre
  2. Parce que vous aimez les styles singuliers
  3. Parce que l’histoire est très poignante selon d’autres lecteurs très touchés par ce livre

3 raisons de ne pas lire Marche blanche

  1. Parce qu’il ne se passe finalement pas grand chose dans ce livre
  2. Parce que l’écriture est volontairement très confuse
  3. Si vous n’aimez pas les romans intimistes
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