Aimer… c’est naturel. Il n’y a rien de plus naturel. On aime son père. On aime sa mère. On aime avec instinct. On aime avec besoin. On a besoin d’aimer, se lever le matin et savoir que l’on va aimer. Mais aimer son père et aimer sa mère ne suffit pas.

Sujet inconnu de Lulou Robert (éditions Julliard)

Sujet inconnu de Lulou Robert (éditions Julliard)

A 20 ans, on a besoin d’aimer d’un amour passionnel. Aimer avec force et avec rage. Beaucoup de rage. On a besoin d’être bousculée et chavirée. Mais pas trop. On a besoin de vivre profondément et intensément. Mais pas trop. D’aimer comme on vit, d’aimer comme on respire. Mais d’aimer sans se tromper. Car quand on se trompe, l’amour ça fait mal. L’amour ça blesse. Et quand l’amour n’est plus que blessures et douleur, quand il détruit plus qu’il ne répare, il est temps de fuir cet amour qui empoisonne. Le fuir avant qu’il ne nous rattrape. Avant qu’il ne nous tue. Avant que l’on ne passe à la trappe.

Mais cela suppose d’arrêter d’aimer. Et comment arrête-t-on d’aimer ? Est-ce qu’on arrête de respirer ? Si on ne peut pas arrêter de respirer, peut-on arrêter d’aimer ?

Cette histoire existe. Réelle ou pas. Elle existe. La réalité on s’en fout. La réalité n’écrit pas d’histoires. Je. Tu. Il. Elle ne vit pas. Elle ne mange pas. Ne ressent pas. Ne baise pas. N’aime pas. Ne meurt pas.
Je ne veux pas être réelle.
Je ne veux plus savoir qui je suis.
Je ne sais plus qui je suis.
Je ne me présenterai pas.

Celle qui aime si fort et si mal, qui aime à coup de points d’interrogation n’a pas de prénom. Elle n’en a pas besoin. Elle pourrait s’appeler Jeanne, Marie, Alice ou Virginie. Elle pourrait tout autant avoir 30, 40 ou 50 ans. Elle pourrait aussi bien être votre soeur, votre voisine ou bien même vous. Elle n’a pas de nom mais elle a un visage. Cabossé. Un visage cabossé d’avoir et trop et mal aimé. Un visage qui va avec une histoire. Une histoire connue. Trop bien connue. C’est l’histoire d’une histoire d’amour qui finit mal… En général.

Derrière une écriture hachée, vivante, vibrante même, Loulou Robert nous démontre qu’il est possible d’être à la fois lucide et manipulée, héroïne et victime, d’aimer et de détester. Elle nous rappelle (et ça fait du bien de l’entendre) qu’il n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît de sortir de l’enfer de la violence conjugale. « Quand on veut on peut », oui, sauf en matière d’amour.


L’ESSENTIEL

Couverture de Sujet inconnu de Loulou Robert

Couverture de Sujet inconnu de Loulou Robert

Sujet inconnu
Loulou ROBERT
Editions Julliard
Sorti le 16/08/2018
252 pages

Genre : roman psychologique
Personnages : « Elle » et son amant
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Vivre ensemble d’Emilie Frèche, Husbands de Rebecca Lighieri

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

J’avais huit ans quand j’ai su que je ne finirais pas mes jours ici. Qu’ici je ne deviendrais personne. Qu’ici je n’aimerais personne. Qu’ici, rien. Je ne ressentirais rien.
J’avais huit ans et j’ai décidé de partir un jour. J’ai choisi de ressentir. J’ai choisi de souffrir. À partir de là, je suis condamnée à cette histoire. Sujet inconnu, c’est, dans un style brut et très contemporain, l’histoire d’un amour qui tourne mal. Entre jeux de jambes et jeux de mains, l’héroïne de ce roman boxe, court, tombe, se relève, danse, au rythme syncopé de phrases lapidaires et d’onomatopées. Plus la violence gagne le récit, plus on est pris par cette pulsation qui s’accélère au fil des pages. Un roman écrit d’une seule traite, d’un seul souffle, dans l’urgence de gagner le combat, dans l’urgence de vivre, tout simplement.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Sujet inconnu

  1. Si vous aimez les romans intimistes
  2. Si vous êtes sensible à la plume très particulière de l’auteure
  3. Si vous cherchez un roman fort sur le thème de la violence conjugale

3 raisons de ne pas lire Sujet inconnu

  1. Si le style de Loulou Robert vous rebute (il suffit de lire une page du roman pour savoir)
  2. Si vous aimez les histoires très romancées
  3. Si vous n’aimez pas quand la souffrance transpire dans l’écriture
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