J’ai découvert il y a quelques mois les biographies sous forme de romans graphiques et c’est un traitement littéraire qui me convient très bien parce qu’il permet d’en apprendre beaucoup sur un personnage sans y passer des heures en se perdant dans un méandre de détails.

Django Main de feu d'Efa et Rubio (éditions Dupuis)

Django Main de feu d’Efa et Rubio (éditions Dupuis)

Le biopic sur Django Reinhardt répond parfaitement à ma curiosité intellectuelle réelle mais limitée pour ce sujet. On assiste ici à la naissance d’une légende au sein d’une communauté manouche et à son éducation par une mère célibataire au caractère bien trempé. Couvé comme le lait sur le feu par « Négros », Django ne pourra pas s’empêcher de faire des conneries de son âge avec son petit frère qui lui colle aux basques. Heureusement pour lui et pour sa mère, la musique l’attire à lui, ne lui laissant que peu de temps pour mal tourner. Vers l’âge de 12 ans, Django n’a plus qu’une obsession : apprendre à jouer du banjo-guitare. Le petit s’escrime sur les cordes, s’écorche les doigts à tenter de sortir des accords, le sang coule presque autant que les larmes mais rapidement Django révèle à tous son don pour la musique. Recruté dans un premier orchestre, il commence à se faire un nom et la notoriété le grise. Il est tout sauf humble ce petit génie. Il a conscience de son talent et de sa supériorité sur les autres musiciens. Très vite il gagne des sommes folles qu’il s’empresse de perdre au jeu sous le regard inquiet de sa mère. Mais alors que Django prend de nouveaux engagements professionnels auprès de Jack Hylton, le sort lui joue un très mauvais tour : un incendie ravage la roulotte dans laquelle il vit avec sa femme, Bella. Les deux jeunes gens s’en sortent mais avec des brûlures telles qu’une amputation est évoquée. Impensable pour Django qui va se battre pendant plus de 18 mois pour conserver ses membres durement touchés et, plus impensable encore, pour rejouer du banjo-guitare.

Django Main de feu d'Efa et Rubio

Django Main de feu d’Efa et Rubio

C’est sur cette renaissance que s’achève Django Main de feu. Je ne suis pas parvenue à savoir s’il y aura d’autres tomes pour retracer le reste de sa vie ou si le projet était uniquement de montrer comment tout a commencé. Personnellement je reste un peu sur ma fin, j’ai désormais envie de suivre son ascension.

D’un point de vue purement esthétique, les couleurs de cette BD m’ont séduite, j’ai aimé ces tons chauds qui reflètent parfaitement une culture que j’imagine haut en couleurs. En revanche je n’ai pas été sensible à la beauté du trait qui tire selon moi vers la caricature. Je préfère les dessins plus réalistes qui parviennent à traduire toutes les expressions du visage. En définitive mon plaisir tient plus dans les connaissances que je retire de ce biopic que dans son expression artistique.


L’ESSENTIEL

Couverture de Django Main de feu de Salva et Efa

Couverture de Django Main de feu d’Efa et Rubio

Django Main de feu
RUBIO SALVA et EFA
Editions Dupuis, collection Aire libre
Sorti le 24/01/2020
88 pages

 

Genre : bande dessinée
Personnages :  Django Reihnardt, Négros sa mère, Bella sa première femme
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : je ne suis absolument pas calée en BD, je ne peux donc vous conseiller que celles que j’ai lues, à savoir Cézembre de Malfin ou Le roman des Goscinny de Catel

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Django Reinhardt est une légende. Mais Django ― « celui qui réveille » ― est aussi né deux fois. Une première fois dans la neige, durant l’hiver 1910 dans une famille de nomades stationnée à Liberchies, en Belgique. La seconde à Saint-Ouen, près de Paris, à l’automne 1928, quand l’incendie de sa caravane lui mutila la main gauche. Le scénariste Salva Rubio et le dessinateur Efa avaient déjà signé ensemble un remarquable biopic sur Monet en 2017, rendant hommage à l’obsession du peintre pour la lumière. De même, ce biopic consacré à la jeunesse du musicien prodige met en scène la passion et l’obstination de celui qui s’est toujours considéré comme le plus grand guitariste du monde. Dans ce récit-partition, en découpant les cases comme des accords, le dessinateur anime la romance d’une vie en vibrations aquarellées pour mieux accompagner le cheminement musical et technique de l’inventeur du jazz manouche. De la musette au jazz, du violon au banjo puis à la guitare, la destinée de Django est celle de sa main de feu, habitée par le « duende » qui brûle dans l’âme du musicien manouche. Celle d’un miraculé qui renaît de ses cendres, plus éblouissant que jamais. Musique !


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Django Main de feu

  1. Pour découvrir le destin hors normes de Django Reinhardt
  2. Pour mieux comprendre d’où venait son génie
  3. Pour lui rendre hommage tout simplement

3 raisons de ne pas lire Django Main de feu

  1. Parce que cette BD se limite à la jeunesse du musicien
  2. Si vous cherchez un trait de crayon réaliste : celui-ci me semble plutôt caricatural (mais je le redis : je ne suis pas du tout une experte en BD !)
  3. Si vous préférez les biographies bien denses qui entrent dans les moindres détails (dans ce cas ici vous resteriez forcément sur votre faim)
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