Il m’aura fallu 10 jours pour venir à bout de cette enquête aux multiples rebondissements (c’est un euphémisme !) et aux personnages tous plus louches les uns que les autres. L’histoire démarre tambours battants, l’immersion est totale et instantanée mais ça serait mentir de dire que Joël Dicker parvient à conserver la même intensité sur plus de 600 pages.

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker (éditions de Fallois)

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker (éditions de Fallois)

Oui il y a des longueurs, oui il y a un foisonnement de personnages, de flashback, de changements de points de vue qui tous mis bout à bout font un peu tourner la tête du lecteur.

Mais ça reste du Dicker, c’est très bien raconté et les scènes sont très cinématographiques, si bien qu’on se sent vivre à Orphea et être partie prenante de l’histoire comme on a pu l’être à Aurora aux côtés de Harry.

Ma théorie, et elle n’engage que moi : Joël Dicker pèche dans ce roman par excès de générosité. Vu le nombre de révélations, de twists et de retwists on ne peut pas dire que le lecteur n’en a pas pour son argent car on les sent passer ces plus de 600 pages à enquêter sur la disparue. C’était déjà l’un des petits travers de La vérité sur l’Affaire Harry Québert, mais dans La disparition de Stephanie Mailer ça prend de l’ampleur jusqu’à, il est vrai, finir par lasser un peu le lecteur fatigué de tourner en rond et d’enchaîner les impasses comme dans un palais des glaces de fête foraine.

Je n’ai jamais, et je dis bien jamais, rencontré un critique qui rêvait d’écrire. Les critiques sont au-dessus de cela. Écrire est un art mineur. Écrire, c’est mettre des mots ensemble qui forment ensuite des phrases. Même une guenon un peu dressée peut faire cela !

On peut toujours espérer que dans son 5e livre, l’auteur fasse oeuvre de concision. Il peut le faire sans prendre de risques : il a la plume qu’il faut pour hameçonner le lecteur, il faut juste éviter de le perdre avant de l’avoir ramené au bord… enfin à la dernière page.


L’ESSENTIEL

Couverture de La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

Couverture de La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

La disparition de Stephanie Mailer
Joël DICKER
Editions de Fallois en GF
Sorti le 07/03/2018
640 pages

Genre : thriller
Personnages : Stephanie Mailer, les inspecteurs Jesse Rosenberg et Derek Scott, le maire d’Orphea…
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : La vérité sur l’affaire Harry Québert et Le livre des Baltimore de Joël Dicker, Le douzième chapitre de Jérôme Loubry, Qui je suis de Mindy Mejia

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.

L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.

Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses.

Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer ?

Qu’a-t-elle découvert?

Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire La disparition de Stephanie Mailer

  1. Si vous avez eu un coup de coeur pour La vérité sur l’affaire Harry Québert
  2. Si vous adorez vous triturer l’esprit avec des « qui ? » et des « pourquoi ? »
  3. Si vous aimez les pavés aux rebondissements incessants

3 raisons de ne pas lire La disparition de Stephanie Mailer

  1. Si vous n’avez pas accroché avec les précédentes oeuvres de Joël Dicker
  2. Si vous détestez qu’on vous tourne en bourrique
  3. Si pour vous rien ne vaut un roman court et concis
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