Elles ont quelques heures de vol au compteur mais se conduisent toujours comme des adolescentes décérébrées. Au lieu de construire leur plan de carrière, elles noient leurs soirées dans la vodka pour mieux la gerber dans des toilettes miteuses.

La Meute de Sarah Koskievic (éditions Plon)

La Meute de Sarah Koskievic (éditions Plon)

Ne leur parlez pas de gentil mari alors qu’elles n’ont qu’une envie : se faire sauter par un parfait inconnu qui aura le bon goût de le rester. Elles pourraient être élégantes en talons hauts, elles sont juste vulgaires perchées sur leurs 12 cm. Elles ne veulent pas être des femmes mais des meufs, de la trempe de celles qui ont du caractère et en imposent. Oubliez Sex and the city et la bande de copines romantiques, ici c’est sexe, drogue et rock’n roll et une meute déchaînée à la sauce Virginie Despentes.

Elly, Isadora, Olivia, Romane, Isa, Lou – et j’en oublie certainement – : ne me demandez pas qui est qui, je n’en sais fichtre rien tellement ces nanas sont inintéressantes et facilement interchangeables. Ça tient à peine debout, ça a trois mots de vocabulaire en dehors du « meuf » qui leur sert de ponctuation, ça a la joie de vivre et l’espoir en l’avenir d’un condamné à mort le jour de son exécution et ça se croit branché parce que ça vit dans une poignée de mètres carrés sur la bonne rive.

– On s’casse de ce rade pourri, a dit Lou. J’en ai ma claque qu’on aille toujours dans vos bars de snobs. Faut faire quoi pour avoir un verre de vin, ici ?
– Tu veux aller où ? demandé-je à Lou. C’est partout pareil, c’est Paris, ma veille, si t’es pas snob et méchante, t’habites en banlieue.

Heureusement les tribulations des bécasses se lisent très vite, en même temps avec de telles vies, il n’y a pas matière à nous pondre Le chant du bourreau non plus. Je ne compte pas le nombre de paires de gifles que j’aurais aimé distribuer à ces « meufs ». Mais aussi antipathiques qu’elles me soient apparues, pour rien au monde je leur aurais souhaité ce qui leur est arrivé. Personne ne mérite ça. Quel mal y a-t-il finalement à vouloir retenir le temps de toutes ses forces et refuser de vieillir et d’endosser le rôle que d’autres ont taillé pour nous ? Elles ont 20 ans dans leur tête et pas grand chose d’autre dedans. Et alors ? Pourquoi la vie ne pourrait pas être légèreté et insouciance après tout ?

Pour tout vous dire, je me sens un peu con en refermant ce livre. Je m’en veux d’avoir autant détesté ces personnages, de les avoir pris de haut et de m’être moquée de leur sens des priorités. J’aimerais finalement remonter le temps pour leur offrir encore quelques shoots de vodka et quelques coups d’un soir. J’aimerais leur offrir un supplément de vie. J’aimerais leur dire qu’elles ont mille fois raison de vivre avec légèreté et insouciance, que c’est elles qui ont raison de ne pas prendre la vie plus au sérieux qu’elle ne le mérite. Je ne les aime pas plus à la fin de ce roman mais je les comprends mieux et c’est déjà beaucoup.

Merci aux éditions Plon pour l’accès à ce livre beaucoup moins superficiel que je ne le pensais…


L’ESSENTIEL

Couverture de La meute de Sarah Koskievic

Couverture de La meute de Sarah Koskievic

La meute
Sarah Koskievic
Editions Plon
Sorti le 14/02/2019
220 pages

Genre : satire sociale
Personnages : Elly, Isadora, Olivia, Romane, Isa, Lou, etc.
Plaisir de lecture : ❤❤❤
Lectures complémentaires : les romans de Virginie Despentes (Vernon Subutex…)

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Vous allez les aimer. Vous allez les détester. C’est LA MEUTE. Elles n’ont ni le même âge, ni les mêmes passions – si ce n’est ce lien invisible qui les unit. Elles n’ont rien à faire ensemble. Et pourtant, elles traversent les décennies côte à côte, chacune à son rythme. Elles ont dû se résoudre à admettre que leur amitié n’est ni évidente, ni facile mais qu’en bien des points, elle surpasse toute les histoires d’amour. Elles sont six : Olivia, Romane, Elly, Isadora, Louise et Rosalie. Vous allez les aimer. Vous allez les détester. C’est LA MEUTE.

D’une plume acerbe et sans concession, Sarah Koskievic campe des héroïnes entières aux prises avec les questions du quotidien sur le couple et le désir d’enfant, où légèreté rime souvent avec cruauté. Un roman cru et rock.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire La Meute

  1. Si vous cherchez un roman vraiment rock’n roll
  2. Si vous avez un faible pour les romans de Virginie Despentes
  3. Si un langage cru et une vision désenchantée de la société attisent votre curiosité

3 raisons de ne pas lire La Meute

  1. Si vous cherchez des galeries de personnages avec de la profondeur
  2. Si l’excès en tout vous rebute plus qu’il ne vous attire
  3. Si les histoires de bobos et la vulgarité « qui fait genre » ça vous passe largement haut dessus
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