Et si avoir une mère parfaite était le plus grand danger qui pouvait planer au-dessus de la tête d’un bébé ? C’est un peu la question qui peut se poser à la lecture du dernier roman de Sarah Vaughan.

Anatomie d'un drame de Sarah Vaughan (éditions Préludes)

Anatomie d’un drame de Sarah Vaughan (éditions Préludes)

C’est aussi une question que vous trouverez certainement totalement hors de propos voire carrément farfelue si ce n’est ouvertement provocatrice. Elle est bien tout cela à la fois mais elle est aussi à prendre très au sérieux. Lorsque Liz, médecin en pédiatrie, voit arriver Jess et sa fille Betsey au service des urgences, l’état du bébé est des plus préoccupants. Le nourrisson présente visiblement un traumatisme crânien sévère et les explications de Jess cadrent mal avec la réalité des blessures. Pourtant Liz ne soupçonnera pas Jess car elle l’a connaît, c’est son amie en plus d’être une mère absolument irréprochable. Alors que s’est-il réellement passé sous son toit ? Et pourquoi avoir attendu plus de 6h avant d’emmener l’enfant aux urgences ? La situation est critique et Liz manque de distance pour voir ce qui pourtant crève les yeux : Jess a fait du mal à son bébé, c’est la seule explication plausible.

Elle se représente la situation à la perfection : une mère enfermée avec un bébé vagissant dans une petite pièce. Les gens se figurent qu’on n’a pas le temps, ni l’espace mental, de se sentir seul avec trois enfants qui débordent d’énergie, or on se sent rarement aussi seul que lorsqu’on est à la maison avec un bébé inconsolable et un esprit en déroute.

A partir de ce constat, que Liz a toutes les peines du monde à accepter, l’auteure nous embarque dans l’intimité familiale de Jess. Comment cette femme au foyer a priori épanouie, cette mère aimante, affectueuse et peut-être même surprotectrice a pu se montrer aussi négligeante et maltraitante ? Pour le comprendre il est nécessaire de remonter dans le temps car tout n’était déjà pas aussi rose qu’il n’y paraissait dans le passé.

Vous vous doutez bien que tout le livre ne tient pas en ce résumé mais je vous laisse le plaisir de découvrir ce qui se cache derrière les persiennes de cette famille modèle. Certaines scènes, certains mots, certaines pensées ne pourront que résonner dans la tête des mères déjà passées par là. C’est un roman de mœurs qui tombe pile au bon moment. Au moment où les mères osent enfin avouer leurs faiblesses, leur fatigue mentale, leur désarroi sans honte. Une parole qui se libère enfin, c’est aussi là-dessus que l’auteure avait forgé son roman précédent, Anatomie d’un scandale. Il faut croire que Sarah Vaughan est faite pour nous aider à dépasser nos peurs et à comprendre que non, on n’est pas seules dans ces situations. Anatomie d’un scandale et Autopsie d’un drame sont des romans aussi utiles que libérateurs sans oublier d’être des œuvres de fiction tout à fait distrayantes. L’un n’empêchant heureusement pas l’autre.


L’ESSENTIEL

Couverture d'Autopsie d'un drame de Sarah Vaughan

Couverture d’Autopsie d’un drame de Sarah Vaughan

Autopsie d’un drame
Sarah VAUGHAN
Editions Préludes 
Sorti le 10/03/2021 en GF 
448 pages

Genre : thriller domestique, roman de moeurs
Personnages : Jess, Liz, Mel, Charlotte, les maris et les enfants, dont Betsey la petite victime
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : La meilleure d’entre nous, La ferme du bout du monde et Anatomie d’un scandale pour poursuive la découverte de cette auteure, Juste un peu de temps de Caroline Boudet, Chère Scarlet de Teresa Wong

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Jess, mère au foyer, fait preuve d’une grande dévotion envers ses trois enfants, qu’elle chérit et protège à tout prix. C’est du moins la façon dont Liz, son amie depuis dix ans, la perçoit.  Mais le doute s’installe lorsque Jess se rend aux urgences pédiatriques où travaille Liz. Dans ses bras, sa fille Betsey, âgée de dix mois, présente tous les signes d’un traumatisme crânien. Jess, d’ordinaire si soucieuse du bien-être de sa famille, semble étrangement distante et peu concernée par la situation, et ses explications ne collent pas avec  la blessure de l’enfant. Liz s’interroge sur les réelles motivations de son amie. Pourquoi a-t-elle attendu  aussi longtemps avant de se rendre à l’hôpital ?  S’agit-il vraiment d’un accident, comme elle l’affirme ?  Un drame psychologique brillamment tissé qui sonde  les enjeux de la maternité, de l’amitié et interroge  ce qui nous lie ou nous sépare.

« Captivant, intelligent et intense. »  Paula Hawkins, auteure de La Fille du train.

« Un roman qui nous entraîne de surprise en surprise. » Claire Fuller, auteure d’Un mariage anglais.

« Une lecture émouvante, parfois terrifiante  et complètement addictive. »  Daily Express.

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Alice Delarbre.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Autopsie d’un drame

  1. Si vous êtes sensible à la cause des femmes
  2. Si vous voyez bien ce qu’est la charge mentale
  3. Si vous aimez les romans qui vous renvoient à la réalité, en nous interrogeant sur notre quotidien

3 raisons de ne pas lire Autopsie d’un drame

  1. Certains passages tirent en longueur
  2. Ca manque un peu de rebondissements pour relancer l’intérêt du lecteur
  3. Si les histoires de bonnes femmes ne vous intéressent décidément pas
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