Histoire d’amour mais pas que. Roman d’apprentissage mais pas uniquement. Epopée romanesque essentiellement. Dévorer le ciel fait partie de ces œuvres qui magnifient leurs personnages en leur offrant sur un plateau des destinées incroyables, des épreuves insurmontables, des drames dignes des plus grandes tragédies grecques.

Dévorer le ciel de Paolo Giordano (éditions Le Seuil)

Dévorer le ciel de Paolo Giordano (éditions Le Seuil)

Avec des routes aussi sinueuses et parsemées d’embûches, il y a forcément ceux qui échouent à s’élever et ceux qui deviennent presque malgré eux des légendes. L’auteur nous livre toute une galerie de personnages complexes et torturés qui apportent du corps à ce roman, à commencer par les personnages centraux de cette histoire : trois garçons presque frères et une fille. Le schéma classique d’un roman dramatique sur les amours de jeunesse. Mais Nicola, Bern et Tomasso ne se contentent pas de papillonner autour de la jolie Teresa, ils vont aussi grandir et s’émanciper avec des rêves plein la tête. Pour eux, le rêve prendra la forme d’un jardin d’Eden, la food forest. Ils auraient pu vivre libres et heureux dans leur paradis préservé mais se retirer du monde ne suffit pas à se protéger des aléas de la vie et tandis que leur conscience écologique s’affirme, leur caractère se révèle et certaines attitudes ne feront que précipiter le drame.

Il y a toujours beaucoup à apprendre sur la vie des autres, Teresa. On n’en finit jamais. Et parfois il vaudrait mieux ne pas commencer du tout.

L’histoire en elle-même aurait pu me toucher en plein cœur si elle avait été servie avec plus de fièvre et de passion, de démonstration et d’incarnation. Plus de vie tout simplement. Il m’a manqué un peu de chaleur dans cette plume. Il m’a manqué plus de fluidité dans ce récit avec des enchaînements des faits moins saccadés, moins abrupts. A certains moments les transitions sont si peu préparées que je me suis surprise à relire des passages que je venais de lire dans une légère indifférence en me rendant compte à la seconde lecture qu’il s’agissait là d’une scène majeure du livre. J’aurais pu facilement passer à côté de l’essentiel dans la mesure où la tension dramatique est absente de ce roman. Toute l’histoire est servie sur le même ton et c’est certainement ce que je regrette le plus dans ce livre qui se lit bien mais sans passion. Dévorer le ciel est une histoire qui aurait dû exploser, jaillir, crier sa colère, dévorer la vie ! Elle n’est finalement qu’une douce complainte qui plaira sans doute à beaucoup de lecteurs mais qui n’aura pas réussi à bousculer la lectrice que je suis.

Dévorer le ciel fait partie des romans de la sélection du jury de novembre du Grand prix des lectrices Elle 2020


L’ESSENTIEL

Couverture de Dévorer le ciel de Paolo Giordano

Couverture de Dévorer le ciel de Paolo Giordano

Dévorer le ciel
Paolo GIORDANO
Editions Le Seuil
Sorti le 14/08/2019 en GF 
464 pages  

Genre : roman contemporain, roman d’apprentissage
Personnages : Tomasso, Bern, Nicola, Teresa…
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Les indifférents de Julien Dufresne-Lamy, Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

 

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Dix ans après La Solitude des nombres premiers, un adieu à la jeunesse dans un bouleversant roman d’amour et d’amitié.

Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont  » ceux de la ferme  » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années 90, tiraillée entre le besoin de transgression et le désir d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Dévorer le ciel

  1. Parce que c’est un roman qui traite d’amour et d’amitié
  2. Parce que vous allez être transporté en Italie (l’histoire se passe essentiellement dans les Pouilles)
  3. Parce que l’avenir de notre planète vous tient à coeur

3 raisons de ne pas lire Dévorer le ciel

  1. Parce que ce roman est un brin moralisateur
  2. Parce que le récit manque de nerf
  3. Parce qu’il y a une sensation de surenchère dans les faits
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