Sur un thème particulièrement difficile – les tueries perpétrées dans les écoles aux Etats-Unis – Bryan Reardon propose sa partition d’une intensité bouleversante.

Jake de Bryan Reardon (éditions Gallimard série noire)

Jake de Bryan Reardon (éditions Gallimard série noire)

Simon Conolly, père au foyer de deux adolescents voit sa vie et celle de toute sa famille basculer le jour où il reçoit un SMS le prévenant qu’une fusillade a eu lieu dans le lycée de son fils Jake. A ce moment-là, son univers s’écroule. Jake fait-il partie des 13 enfants tués par leur camarade Doug Martin-Klein ? Les minutes puis les heures passent et Jake reste introuvable. Le lecteur est témoin de cette attente interminable et de ces doutes qui peu à peu assaillent Simon et son épouse Rachel : Jake a-t-il quelque chose à voir avec ce drame ? Pourquoi a-t-il disparu ? Y a-t-il des indices que Simon n’a pas su détecter ? Peut-on trouver dans son passé d’enfant en marge, des explications à ce drame ?

D’une intensité bouleversante, ce premier roman ébranle nos certitudes de parents, questionne notre manière d’éduquer nos enfants et pointe du doigt nos failles. Nos enfants sont-ils vraiment le reflet de ce que nous leur avons transmis ?

Il y a eu une fusillade à l’école de mes enfants. Mes enfants, Laney et Jake, sont à l’école. Mes enfants sont en danger. Je n’ai pas peur. Je ne suis pas inquiet. Mon instinct protecteur, animal, prend le dessus. Je ferais n’importe quoi pour tenir mes enfants à l’écart du danger. Je mourrais pour les protéger. Ce n’est pas du courage. C’est un simple fait.

Toutes ces questions ont déjà largement été abordées dans un autre roman traitant d’une tuerie dans un lycée américain : Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver. Je conserve de cette lecture un souvenir impérissable, ce fut un coup de coeur fulgurant pour moi, un livre inoubliable d’une dureté sidérante. Autant dire que passer après ce chef-d’oeuvre pour aborder les mêmes sujets dans un même contexte avait de quoi relever d’un exercice casse-gueule. Et pourtant Bryan Reardon s’en sort de façon magistrale. Jake ne vient pas défier « Kevin », il le complète, donne à voir un autre aspect de ce sujet dramatique mais oh combien d’actualité aux Etats-Unis. C’est une très heureuse surprise pour moi.

Dernière chose : il est rare qu’une couverture provoque chez moi un énorme coup de coeur mais j’ai ressenti un vrai élan du coeur pour celle-ci. Je ne me lasse pas de son esthétisme et de la puissance qui en émane. Ce visage d’un père dans la tourmente me poursuivra longtemps…


L’ESSENTIEL

Couverture de Jake de Bryan Reardon

Couverture de Jake de Bryan Reardon

Jake
Bryan REARDON
Editions Gallimard série noire
Sorti le 08/02/2018
352 pages

Genre : roman psychologique, drame
Personnages : Simon Connolly le père et Jake le fils
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver, Une fille modèle de Karin Slaughter, Carnages de Maxime Chattam, Rien de plus grand de Malin Persson Giolito

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Simon Connolly est l’heureux père de deux enfants, Jake et Laney. Sa situation d’homme au foyer est pour le moins originale et Simon n’est pas toujours très à l’aise dans ce rôle. Mais, cahin-caha, la famille coule des jours paisibles… Jusqu’au matin où Doug Martin-Klein, un gamin insociable dont Jake est le seul copain, tire sur plusieurs camarades de classe avant de se donner la mort. Les survivants et les blessés sont peu à peu évacués, mais Jake est introuvable. Et très vite soupçonné d’être le complice de Doug. Commence alors pour Simon une véritable descente aux enfers. Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ? Comment a-t-il pu ne rien entrevoir du drame qui se profilait ? Jake est-il coupable ? Où est-il passé ?


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Jake

  1. Si vous cherchez un roman avec une réelle puissance dramatique
  2. Si les questions d’éducation parentale et leurs conséquences vous passionnent
  3. Si vous avez lu et adoré Il faut qu’on parle de Kevin

3 raisons de ne pas lire Jake

  1. Si le thème des tueries au sein d’écoles est trop difficile pour vous
  2. Si vous cherchez un roman lumineux et positif
  3. Si vous vous sentez un peu déprimé (dans ce cas, revenez plus tard pour le lire)
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