Je l’ai assez répété par le passé : le feel-good est loin d’être mon genre de prédilection. Je lui reproche surtout un manque d’originalité, des histoires trop prévisibles et pavées de bons sentiments. Je sais malgré tout apprécier un roman du genre s’il parvient à me faire rire aux éclats ou au contraire à me faire verser une larme. Ici, Cynthia Kafka s’est montrée à la hauteur des promesses formulées sur le bandeau de son livre : un fait suffisamment rare pour être souligné.

Je suis venue te dire de Cynthia Kafka (éditions L'Archipel)

Je suis venue te dire de Cynthia Kafka (éditions L’Archipel)

En commençant Je suis venue te dire je savais déjà que l’issue de ce livre ne serait pas heureuse puisque toute l’histoire repose sur les retrouvailles entre une fille devenue adulte et son père admis en soins palliatifs. L’auteure le dit très bien elle-même : on ne sort jamais vaillant sur ses deux jambes d’un tel service. On comprend tout aussi vite, sans même avoir besoin de lire la première page, que les deux protagonistes vont évoluer de rancoeur en non-dits, de règlement de comptes en déclarations d’amour maladroites dans le seul but de vider leur coeur et, pourquoi pas, de se retrouver avant l’issue fatale. Rien d’original donc, nous sommes bien dans un digne représentant du genre. A tel point que je me suis demandé au fil des pages par quel tour de passe-passe l’auteure comptait parvenir à m’émouvoir.

Ce n’était pas pour moi, tout ça. Moi, je suis l’enfant prodige qui a un cancre au fond du coeur… Un ange de glace à l’extérieur. Un sourire permanent. Une bonne humeur de chaque instant. Pourtant, à l’intérieur, tout au fond, je suis un volcan en éruption. De la lave coule dans mes veines. Je crie, secoue, tempête. Il n’y a que moi que j’embête. Je vis avec deux personnalités. Celle qui dit « oui » avec la tête; et celle qui s’offusque avec le coeur.

Je serais bien incapable de vous expliquer sa recette mais je peux vous dire que ça a marché. Sans vraiment m’en apercevoir, j’ai fini la gorge nouée, touchée par cette jeune femme légitimement en colère et par ce père défaillant à qui l’on apprend peu à peu à pardonner. Pourtant il n’a pas mené la vie facile à sa fille Rose, l’auteure nous le démontre à travers l’alternance de chapitres entre présent et passé de la jeune femme, depuis sa plus tendre enfance jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte. Certaines scènes serrent le coeur et toutes révoltent : on ne traite pas un enfant de la sorte. Et pourtant, comme Rose, le lecteur va parvenir à faire le cheminement nécessaire vers le pardon et la résilience. La justesse du ton et des situations n’y est pas étrangère : l’auteure sait parfaitement doser ses effets pour emmener le lecteur avec elle et faciliter l’identification et forcer l’empathie vis-à-vis de ses personnages qu’elle chérit tant, ça se voit à travers ses mots. La seule chose que je regrette après avoir lu ce livre c’est que la vie ne soit pas toujours aussi belle qu’un bon roman feel-good.



L’ESSENTIEL

Couverture de Je suis venue te dire de Cynthia Kafka

Couverture de Je suis venue te dire de Cynthia Kafka

Je suis venue te dire
Cynthia KAFKA
Editions L’Archipel
Sorti le 07/10/2021
304 pages

Genre : feel-good
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Personnages : Rose et son père
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Frangines d’Adèle Bréau, Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver de Sonia Dagotor, Le bonheur l’emportera d’Amélie Antoine, Réjouissez-vous parce que c’est arrivé d’Elvira Moreira, Sur les balcons du ciel de Sophie Henrionnet

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Le parcours d’une jeune femme sur les chemins de la compréhension et du pardon. Une relation père/fille que les non-dits ont abîmée. A l’approche de la fin de vie, seuls l’amour et le respect pourront les réunir.

À 28 ans, Rose a l’âge où l’on a d’ordinaire trouvé sa voie. Or sa vie est sans charme ni éclat. Elle ne sait pas comment allumer l’étincelle qui la fera briller, mais elle connaît la cause de ce désastre : son géniteur.

Après dix ans d’absence, elle regagne sa ville natale à la rencontre de ce père tant haï pour régler ses comptes et enfin se reconstruire. Mais, surprise, elle le découvre en soins palliatifs, dans l’incapacité de répondre à ses questions, ne pouvant que l’écouter.

Entre ses croyances d’enfant et ses rancoeurs d’adulte, Rose part à la découverte de l’autre pour s’accepter. Mais comment trouver la force du pardon quand on s’est construit dans la colère ?


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Je suis venue te dire

  1. l’histoire est touchante
  2. on s’identifie rapidement aux personnages, ça peut faire rejaillir certaines émotions si l’on a connu une situation similaire
  3. l’alternance des périodes apporte de la force au récit et met le lecteur dans une position de témoin très intéressante

3 raisons de ne pas lire Je suis venue te dire

  1. l’histoire n’est pas très originale
  2. comme toujours avec les feel-good on voit un peu trop la vie en rose
  3. ça fait partie de ces romans que l’on risque d’oublier très vite après l’avoir lu
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