L’empathie, premier roman d’Antoine Renand, est sans aucun doute le livre qui m’aura le plus fait ramer dans ma vie de lectrice. Et c’est peu de le dire !

L'empathie d'Antoine Renand (éditions audtio Lizzie)

L’empathie d’Antoine Renand (éditions audtio Lizzie)

Ah la la, il m’aura bien fait suer ce bouquin ! Après avoir passé près d’un mois à guetter l’acceptation de ma demande de lecture sur Netgalley – sans succès puisque je me suis gentiment fait claquer la porte au nez à l’arrivée – j’ai décidé de faire comme Alpha : on ne veut pas m’ouvrir la porte, qu’importe, je vais passer par la fenêtre ! Et c’est comme ça que de la version numérique espérée, je suis passée à la version audio un peu dépitée. En deux clics et moyennant un crédit Audible, me voilà enfin parée pour découvrir ce thriller qui met Instagram en émoi depuis le début de l’année. A nous deux, l’Empathie !

Et là ça commence… gentiment… loin des frissons espérés (est-ce la version audio qui crée une distance ? je me suis posé la question). Je découvre le décor, très rapidement planté par Antoine Renand. C’est agréable à écouter, on se laisse prendre par l’intrigue mais sans plus. L’angoisse ne monte pas, pas chez moi en tout cas. Pire, je sens une pointe de déception naître rapidement : le thriller que j’attendais se transforme peu à peu en polar. On passe trop vite à mon goût du criminel, forcément intriguant car unique en son genre, à l’enquête menée par deux flics de la brigade du viol. Or, en littérature il n’y a vraiment rien de plus banal que des flics qui enquêtent… Déception donc mais je continue puisque ça reste tout de même agréable à écouter.

Elle racontait son agression comme si elle en avait été le témoin. Étrangement, elle en revoyait chaque détail avec un regard extérieur, comme une scène dont elle aurait été la spectatrice. Comme si ce n’était pas elle qui avait vécu tout ça.

En temps normal, les livres audio sont réservés à mes trajets maison-boulot, soit 1h d’écoute par jour, pas plus. Mais allez savoir pourquoi, j’ai eu envie de prolonger cette écoute pendant ma séance de torture quotidienne (pardon, ma séance de rameur – presque – quotidienne… les semaines paires et les jours sans lune). Troquer la musique par 20 minutes passés avec Alpha et les inspecteurs Rauch et Mesny, pourquoi pas après tout ? Allez, j’appuie sur « play » et me mets à ramer.

On est peu avant la fin de la première partie. J’écoute et je rame. Je rame et j’écoute. Je me concentre, il se passe un truc là. Et je rame. Je cherche à comprendre où l’auteur veut en venir tout en avalant les km virtuels. Et puis incrédule, je crois deviner. Et je rame. J’entends la voix du narrateur me livrer l’insoutenable vérité et je rame. « Noooon ! Pas possible ?! C’est une erreur, une mauvaise blague ! Il se fout de moi le Renand ! » Et je rame. Je continue de ramer, encore, sans m’arrêter. Plus vite, plus fort passant de mes habituels 3min30 au 500m très plan plan à 2min30 (moins je risque l’implosion, j’ai pas l’habitude de tenir ce rythme mais je ne faiblis pas : trop besoin d’évacuer la tension). Les vingt minutes sont vite avalées. Qu’importe, je continue, je suis au milieu d’un mauvais trip, c’est pas le moment de flancher. Vingt-cinq, trente, trente-cinq, quarante minutes… je ne lâche pas l’affaire, je veux savoir. Evidemment, vous vous doutez bien que je n’ai pas passé 11h sur mon rameur, enfin pas en une fois… J’ai donc fini par mettre ma lecture sur pause à contre cœur puis j’ai remis ça le lendemain puis le surlendemain.

Il m’aura fallu moins de 4 jours pour venir à bout de ce thriller démentiel et je peux vous garantir deux choses : 1) je ne pensais pas qu’un livre serait capable de me faire autant ramer (25 km au total, tout de même ! Merci la version audio !) et 2) il y a les flics de polars et y a les flics d’Antoine Renand. Et ceux-là sont tout sauf banals !

Maintenant que j’en ai fini avec l’Empathie, je n’ai plus qu’à partir en quête d’un autre coach sportif aussi efficace. Mais là encore, je sens que je vais ramer sévère…


L’ESSENTIEL

Couverture de L'empathie d'Antoine Renand

Couverture de L’empathie d’Antoine Renand

L’empathie
Antoine RENAND
Editions Robert Laffont – La Bête Noire et Lizzie pour la version audio
Sorti le 17/01/2019 en GF et le 07/02/2019 en audio
464 pages (11h13 d’écoute)

Genre : entre le thriller et le polar
Personnages : Alpha et les inspecteurs Marion Mesny et Anthony Rauch, l’avocate Louisa Rauch…
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Sauf de Hervé Commère, Sauvez-moi de Jacques Expert, Mygale de Thierry Jonquet, Un fils parfait de Mathieu Menegaux

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte. « Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfi n à assembler. On en parlerait. Une apothéose. » Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit. Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la « brigade du viol ». Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets. Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire L’empathie

  1. Si vous aimez être scotché par un thriller (en même temps, qui n’aime pas ça ?!)
  2. Si vous rêver de sortir des sentiers battus en termes de polar
  3. Si vous aimez les histoires avec de bons gros twists

3 raisons de ne pas lire L’empathie

  1. Si vous estimez être trop sensible pour lire des scènes de viol et pire encore
  2. Si vous n’aimez pas lire la même chose que tout le monde
  3. Si vous n’êtes clairement pas attiré par le genre noir
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