Un mariage américain est le premier roman que j’ai lu dans le cadre du Grand prix des lectrices Elle 2020. Il a été retenu comme le roman préféré du jury du mois de septembre.

Un mariage américain de Tayari Jones (éditions Plon)

Un mariage américain de Tayari Jones (éditions Plon)

« Unis jusqu’à ce que la mort nous sépare », « unis pour le meilleur et pour le pire »… Comment peut-on prendre de tels engagements quand on a 20 ans et que la vie nous sourit ?  Comment être certain de la solidité de son amour quand le ciel se voile et que du jour au lendemain tous nos projets d’avenir tombent à l’eau ? Comment imaginer que l’on saura rester fort face à l’adversité et si le destin s’acharne sur notre couple ? Personne ne le peut et pourtant tous les jeunes mariés se sont retrouvés au moment de leur union à prendre ce genre d’engagement aussi présomptueux que définitif.

Et parmi eux, Celestial et Roy, un jeune couple noir, bien installé dans la vie, l’ambition chevillée au corps. Inutile de dire que la case prison ne faisait pas partie des risques identifiés par les jeunes mariés et pourtant, il a suffit d’une erreur d’identification pour que Roy se retrouve du jour au lendemain derrière les barreaux, accusé de viol. Celestial ne doute pas de l’innocence de son mari. Ça non. Mais petit à petit elle se met à douter de la force de leur lien et de sa capacité à respecter son engagement envers un mari qu’elle n’est pas prête de serrer dans ses bras de sitôt. Est-ce que ça compte vraiment de parler d’éternité quand on a été marié à quelqu’un pendant seulement dix-huit petits mois ? Celestial a des projets et une vie qui l’attend dehors pendant que Roy végète dans sa cellule. Mais ça, il n’y a que Roy pour ne pas le concevoir. Lui qui ne cessera de rappeler ses engagements à son épouse s’attend à retrouver intacte la place qui était la sienne, lorsqu’enfin il est libéré. Mais les attentes de l’un et les besoins de l’autre ne vont pas toujours dans le même sens…

« J’ai un mauvais pressentiment, Roy. Rentrons à la maison. »
Ma femme était portée à l’exagération. Malgré tout, je sentais dans sa voix quelque chose qui ressemblait étrangement à de la peur.
« Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
– Je n’en sais rien. Rentrons, s’il te plaît.
– Et je suis censé raconter quoi à ma mère ? Tu te doutes bien qu’elle a mis les petits plats dans les grands.
– Rejette la responsabilité sur moi. Dis que tout est ma faute. »
Avec le recul, ça me fait penser à un film d’horreur, quand on se demande pourquoi les personnages s’entêtent à ignorer tous les avertissements. Si une voix spectrale te lance : TIRE-TOI, tu te tires. Sauf que, dans la vraie vie, on ne sait pas qu’on est dans un film d’horreur.

Un mariage américain est un roman que j’attendais avec impatience et c’est donc par lui que j’ai tenu à débuter cette aventure du Grand prix des lectrices Elle 2020. J’en ressors malheureusement avec une pointe de déception car je l’ai trouvé en toute honnêteté assez moyen. Pour être plus précise, je rangerais ce roman dans la catégorie des « absolument pas indispensables » : vous savez, ces romans qui n’ont rien de nouveau à raconter, dont l’histoire n’est pas transcendante, dont les émotions sont absentes, le style plutôt monotone et le message pas vraiment fort. Je suis dure dans mes propos mais c’est ainsi que je l’ai ressenti. J’imaginais qu’avec un tel résumé j’allais lire un récit fort et poignant, ponctué de dilemmes voire de déchirements sur fond d’injustice, d’amour et de trahison, de colère, de vengeance et pourquoi pas de pardon. J’espérais un roman qui allait jeter sa vérité à la face du monde et faire de ce couple un emblème (de quoi ? je ne le savais pas mais je ne demandais qu’à le découvrir). J’ai eu finalement le sentiment de lire l’histoire de monsieur et madame tout le monde, sans envergure, sans romanesque et sans beaucoup d’intérêt…


L’ESSENTIEL

Couverture d'Un mariage américain de Tayari Jones

Couverture d’Un mariage américain de Tayari Jones

Un mariage américain
Tayari JONES
Editions Plon
Sorti le 29/08/2019 en GF
432 pages 

Genre : roman contemporain
Personnages : Celestial, Roy et Dre
Plaisir de lecture : ❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Un mariage anglais de Claire Fuller, La vie dont nous rêvions de Michel Sacks, Cape May de Chip Cheek

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain… à ceci près qu’ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner.

Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu’on lui a dérobée…

Avec ce portrait de la classe moyenne noire du sud des États-Unis, Tayari Jones radiographie le couple et signe une histoire d’amour tragique et contemporaine qui explore les thèmes de la famille, de la loyauté, du racisme. Caustique et rigoureuse observatrice de son temps, cette auteure reconnue outre-Atlantique s’attaque en femme de lettres aux maux qui rongent la société américaine, et parvient à donner à ce texte fulgurant et âpre tous les atours d’un grand roman.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère

 » Bouleversant  » Barack Obama
Women’s Prize for Fiction 2019


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Un mariage américain

  1. Si vous vous interrogez sur ce qui constitue un couple
  2. Si vous aimez le genre du roman choral
  3. Si vous aimez vous faire votre propre idée sur un roman qui divise assurément

3 raisons de ne pas lire Un mariage américain

  1. Si vous voulez ressentir des émotions fortes
  2. Si vous cherchez un roman sur le thème de l’erreur judiciaire (ici il n’est qu’un thème prétexte à l’histoire)
  3. Si vous ne souhaitez pas remettre en cause l’avis de l’ancien président des Etats-Unis (je cherche toujours ce qu’il a trouvé de « bouleversant » dans ce roman)
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