Il y a quelques temps, alors que je parlais littérature avec ma belle-mère, je lui ai confié mon enthousiasme pour les oeuvres de Stefan Zweig. Elle m’a alors conseillé de lire Sandor Marai dont l’univers rappelle beaucoup celui de l’auteur autrichien. J’ai acheté plusieurs romans de Marai et c’est avec L’héritage d’Esther que je démarre mon initiation.

L'héritage d'Esther de Sandor Maraii (Le livre de poche)

L’héritage d’Esther de Sandor Maraii (Le livre de poche)

De suite j’ai pensé à Zweig en voyant l’épaisseur de ce roman (à peine 150 pages). C’était la promesse d’un récit sans fioriture ni emphase : tout ce que j’aime. Ensuite j’ai fait connaissance avec un style que Zweig lui-même n’aurait pas renié : une écriture fine, ciselée et cristalline. Le tout au service de personnages particulièrement bien dépeints : Esther, vieille fille jamais remise de sa grande histoire d’amour avec Lajos, escroc de génie, sans ordre ni morale et qui n’a jamais reculé devant rien, pas même à épouser la propre soeur d’Esther. Vingt ans plus tard, Lajos désormais veuf, revient voir Esther pour lui parler…

Les amours sans espoir durent toujours.

Ce roman psychologique présente un personnage de manipulateur d’une rare intensité. Dommage que la fin laisse échapper la tension narrative, sans cette faiblesse de l’histoire je pense que ce roman aurait pu être un vrai coup de coeur. Mais déjà il me donne très envie de poursuivre ma découverte de cet écrivain hongrois de très grand talent.


L’ESSENTIEL

Couverture de L'héritage d'Esther de Sandor Marai

Couverture de L’héritage d’Esther de Sandor Marai

L’héritage d’Esther
Sandor MARAI
Editions Albin Michel pour le GF et Le livre de poche
Sorti initialement en 1939 et en poche le 26/03/2003
156 pages

Genre : roman classique
Personnages : Esther et Lajos
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : les autres titres de l’auteur dont La nuit du bûcher, les oeuvres de Stefan Zweig

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

La fin de l’empire austro-hongrois et ses prolongements crépusculaires ont inspiré des écrivains majeurs comme les Autrichiens Joseph Roth, Stefan Zweig ou Arthur Schnitzler. Il faut y ajouter le Hongrois Sàndor Marai (1900-1989) qui, aujourd’hui, est enfin reconnu comme un immense écrivain européen. L’Héritage d Esther, publié en 1939, rassemble en un bref récit tout ce qui fait l’art de Marai. Retirée dans une maison qui menace ruine, engourdie dans une solitude qui la protège, une femme déjà vieillissante voit soudain ressurgir le seul homme qu’elle a aimé et qui lui a tout pris, ou presque, avant de disparaître vingt ans plus tôt. La confrontation entre ces deux êtres complexes – Esther la sage, ignorante de ses propres abîmes et Lajos l’insaisissable, séducteur et escroc – est l’occasion d’un de ces face à face où l’auteur des Braises et de La Conversation de Bolzano excelle. Un face à face où le passé semble prêt à renaître de ses cendres, le temps que se joue le dernier acte du drame, puisque  » la loi de ce monde veut que soit achevé ce qui a été commencé « . La tension dramatique extrême, l’atmosphère somnambulique, l’écriture sobre et précise font de ce court roman un véritable chef-d’oeuvre.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire L’héritage d’Esther

  1. Si vous aimez Sandor Marai ou désirez découvrir ce grand écrivain hongrois
  2. Si vous avez envie de lire un roman sur la manipulation
  3. Si vous cherchez un roman avec des personnages riches et complexes

3 raisons de ne pas lire L’héritage d’Esther

  1. Si vous n’aimez pas l’univers de Stefan Zweig
  2. Si vous ne parvenez pas à comprendre les rouages de l’emprise psychologique (vous risquez alors de trouver Esther bien sotte et de vous agacer après elle)
  3. Si vous avez du mal avec les plumes « classiques »
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