Je me souviens de Gérard Collard de la Griffe noire fustigeant ces auteurs français capables d’écrire 40 pages pour raconter qu’ils descendaient la poubelle. Je viens de découvrir que ça n’était finalement pas l’apanage de nos compatriotes puisque Diana Evans, jeune auteure britannique, maîtrise tout aussi bien sinon l’art d’enfiler des perles au moins celui de la broderie fine.

Ordinary People de Diana Evans (Editions Globe)

Ordinary People de Diana Evans (Editions Globe)

Je ne comprendrai jamais comment on peut d’un côté avoir si peu d’imagination pour proposer quelque chose d’intéressant à mettre sous le nez du lecteur et en même temps déborder d’idées pour remplir des pages et des pages d’insignifiances. Après deux tiers de ce roman lus consciencieusement, je me suis amusée à faire une petite expérience sur le dernier tiers de ce livre. J’ai donc terminé Ordinary People en ne lisant que les dialogues disséminés toutes les deux pages environ ainsi que trois passages de chaque description interminable : une ou deux phrases au début pour comprendre de qui on parle, une ou deux phrases au milieu pour comprendre de quoi on parle et la même chose à la fin pour comprendre ce qu’il y avait à retenir de tout ça. Eh bien ça a suffit à mon bonheur et je peux vous garantir que je n’ai pas loupé une miette des états d’âme de Michael et Melissa qui s’aiment ou pas, ou plus ou peut-être encore un peu mais c’est pas sûr et de leurs amis qui en sont tous à peu près au même point. Pas plus que je n’ai manqué le passage sur Tolstoï qui n’aurait pas eu la chance de profiter des conseils avisés d’un éditeur pour couper les passages soporifiques de Guerre et Paix. Quand l’hôpital se fout ouvertement de la charité…

Enfin une dernière chose m’étonne : comment se fait-il qu’Obama n’ait pas encore trouvé ce livre « bouleversant » ? Ah oui je sais : les personnages sont noirs (bonne pioche !) mais anglais (c’est de suite moins bouleversifiant…)

 

Parfois, dans la vie des gens ordinaires, il y a une étape décisive, une révélation, un grand changement. Il survient sous un ciel bas, jamais lumineux. Jamais quand tout va bien.

 

Si voulez lire une critique qui va totalement à l’encontre de mon avis mais qui magnifie ce roman et lui donne vraiment ses lettres de noblesse, je vous invite à lire Nathalie Crom dans Télérama. Elle voit du beau là où je vois du plat, c’est pour ça qu’elle est à sa place et moi à la mienne.

Ce roman est le troisième et dernier que j’ai eu à lire pour la sélection de novembre du jury du Grand prix des Lectrices Elle 2020, catégorie Romans. 

 


 

L’ESSENTIEL

Couverture d'Ordinary People de Diana Evans

Couverture d’Ordinary People de Diana Evans

Ordinary People
Diana EVANS
Editions Globe
Sorti le 11/09/2019 en GF
377 pages  

Genre : roman contemporain, sociétal
Personnages : Melissa et Michael, Damian et Stephanie
Plaisir de lecture : ❤❤
Recommandation : non
Lectures complémentaires : Un mariage américain de Tayari Jones, Les imparfaits de Sandrine Yazbeck, Conversations entre amis de Sally Rooney

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Voilà treize ans qu’ils sont ensemble. Pourquoi le pronom « je » a-t-il disparu, corps et âme, de la langue de leurs couples ? Quand les bras grands ouverts de la maternité se sont-ils refermés comme les dents d’un piège ? A Londres, dans une ville amoureusement parcourue et habitée, de l’élection de Barack Obama à la mort de Michael Jackson, deux couples se débattent avec leur histoire, le travail, la quarantaine, les illusions perdues, et leur statut d’émigrés de la deuxième génération devenus parents à leur tour. Ils ont cru à l’intégration, voilà qu’ils se désintègrent. Là-haut, sur sa colline de la rive sud, le phare du Crystal Palace veille sur eux. Doit-on, comme lui, accepter de voir les facettes et les façades de la vie tomber en mille morceaux pour qu’elle soit rebâtie ailleurs, en trois fois plus grand ? Avec brio, avec verve, avec un scalpel trempé dans un élixir de poésie, Diana Evans répond.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Ordinary People

  1. Si vous avez lu la critique de Télérama (même moi elle me donnerait presque envie de relire ce roman)
  2. Si vous aimez les romans sur les petits riens du quotidien
  3. Si la vie des gens ordinaires vous passionne

3 raisons de ne pas lire Ordinary People

  1. Si vous aimez les romans avec du rythme et des dialogues incisifs
  2. Si vous avez envie d’être bousculé
  3. Si vous mieux à faire (et c’est certainement le cas)
0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *