Travailler tue d’Yvan Robin a été l’un des coups de cœur défendus par la librairie de mon beau-frère. J’ai tourné longtemps autour de ce titre avant de me décider à sauter le pas. Je n’étais pas persuadée, à la lecture de la 4e de couverture, que ça me plairait mais j’espérais secrètement me tromper, histoire d’avoir un coup de cœur à partager en belle-famille.

Travailler tue d'Yvan Robin (éditions LaJouanie)

Travailler tue d’Yvan Robin (éditions LaJouanie)

Mais j’aurais dû écouter cette petit voix qui me connaît si bien. C’est uniquement à un problème de casting que j’ai été confrontée et à rien d’autre car ce livre est bourré de qualités pour peu qu’on y soit sensible.

Travailler tue est un roman un brin décalé et j’ai déjà pu m’apercevoir que le décalé, ça n’était vraiment pas mon truc. Tout simplement parce que ça ne me procure aucune émotion et sans émotion, je m’ennuie vite.  CQFD !

J’ai beau essayer, je n’adhère pas aux personnages trash ou loufoques, absurdes ou glauques or Hubert est un antihéros un peu à l’image d’un Vernon Subutex. Et comme Vernon Subutex avant lui, il m’a laissée sur le carreau.

Ce qui m’avait finalement décidée à lire Travailler tue c’était la comparaison qu’en faisait l’éditeur avec Le couperet de Donald Westlake, roman noir que j’avais adoré.

Je reconnais que les thèmes sont proches mais le traitement est totalement différent. Chez Westlake on est dans l’hyper-réalisme, le lecteur peut s’identifier facilement à ce cadre de l’industrie papetière qui perd son boulot et toute chance d’en retrouver un dans son domaine très spécialisé. Le personnage principal est d’une banalité affligeante. Acculé, on le voit basculer et on comprend ce geste désespéré, on voit bien l’engrenage qui va le mener à cette folie. On est dans quelque chose de plausible, de très noir, très psychologique mais réaliste.

Il enchaîna sur quatre heures intenses de tableaux croisés dynamiques. En fin de journée les résultats hebdomadaires, en termes de Prévention Santé Sécurité, avaient fière allure. Hormis la perforation abdominale et le pied cassé – ayant entraîné six semaines d’arrêt chez le sous-traitant – V2V ne déplorait pas de perte majeure.

Le roman d’Yvan Robin, s’inscrit davantage dans le burlesque avec le personnage d’Hubert, looser de compétition un brin vieux dégueulasse et bon gros misogyne, accessoirement ingénieur sécurité chez V2V. Certaines scènes sont assez rocambolesques à l’image de cet accident du travail maquillé pour protéger l’employeur d’Hubert. On évolue dans une absurde désespérance. Evidemment ça n’est pas gratuit, évidemment il y a des messages qui sont véhiculés mais chez moi, ça n’est pas de cette manière qu’on parvient à marquer mon esprit. Je suis une lectrice qui ne marche qu’à l’émotion et ce genre de roman ne m’en procure pas.

Ceci étant dit, si vous êtes comme moi, lisez Le couperet de Donal Westlake, vous ne le regretterez pas ! Et si vous êtes tout le contraire, lisez Travailler tue d’Yvan Robin, vous ne le regretterez pas ! 100 % d’heureux : elle est pas belle la vie dans le monde merveilleux de l’entreprise ?


L’ESSENTIEL

Couverture de Travailler tue d'Yvan Robin

Couverture de Travailler tue d’Yvan Robin

Travailler tue !
Yvan ROBIN
Editions LaJouanie
Sorti en GF le 23/10/2015
248 pages

Genre : roman social
Personnages : Hubert Garden, responsable sécurité chez V2V
Plaisir de lecture : ❤❤
Recommandation : oui
Lecture complémentaire : Vernon Subutex de Virginie Despentes, Le couperet de Donald Westlake

 

 

 

RESUME DE L’EDITEUR

Hubert Gardon est chargé de veiller au respect des procédures de sécurité dans une société de travaux publics. Un job largement dans ses cordes. Sauf que les accidents se succèdent sans qu’il y puisse grand-chose. Et que sa hiérarchie, l’estimant responsable, décide de le déclasser. Le spécialiste du «zéro accident» entame alors une croisade mortelle contre cette boîte ingrate.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Travailler tue !

  1. Si les romans qui décrient le monde du travail dans ce qu’il a de plus absurde vous attirent
  2. Si vous aimez les plumes décalées
  3. Si vous avez envie de lire un roman « pas policier mais presque »

3 raisons de ne pas lire Travailler tue !

  1. Si vous avez du mal à rentrer dans un roman décalé
  2. Si le glauque et l’absurde vous laissent indifférent
  3. Si vous préférez l’hyper-réalisme
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