Je viens de lire mon premier roman japonais. Par nature je ne suis pas du tout attirée par cette culture, trop éloignée de la mienne sans doute et je n’aurais donc jamais choisi seule ce roman. Grâce à une boxe littéraire, La Kube, j’ai pu sortir de mes sentiers battus romanesques et j’en suis ravie.

Une odeur de gingembre d'Oswald Wynd (éditions Petit Quai Voltaire)

Une odeur de gingembre d’Oswald Wynd (éditions Petit Quai Voltaire)

Une odeur de gingembre est un magnifique roman épistolaire. Le style est d’une fluidité remarquable et l’histoire, pleine de rebondissements. En revanche il m’a manqué l’expression des sentiments : tout est en retenu, les joies et les drames sont énoncés sur le même ton et pour moi cela manque de chaleur. Ce que j’aime par-dessus tout dans un roman c’est de pouvoir opérer un transfert sur le personnage, vivre sa vie par procuration mais là je n’ai pas réussi à ressentir beaucoup d’empathie pour l’héroïne et certaines de ses réactions m’ont même interloquée tant elles semblaient bien en deçà de ce qu’elle aurait dû normalement exprimer selon ma propre vision des choses et ce qu’elle aurait certainement exprimé si l’auteur avait été français ou américain. C’est vraiment sur l’expression des sentiments que j’ai ressenti un choc des cultures dans ce roman. Mais la découverte reste belle et enrichissante d’autant plus que cela m’a permis de découvrir également ces magnifiques éditions Petit Quai Voltaire : leurs livres sont des objets précieux !

Je commence à en savoir long sur les courbettes japonaises. On pourrait écrire un livre sur l’art des courbettes, qui est soumis à des règles encore plus strictes que la composition florale. Il y a des courbettes pour ceux qui vous sont socialement égaux, selon les circonstances de la rencontre, il y en a pour les supérieurs, pour les domestiques, pour les commerçants et même pour les conducteurs de tramways. Il y a des courbettes des hommes aux femmes, toujours légères, et celles des femmes aux hommes, toujours très profondes, plus une collection impressionnante de courbettes de femmes entre elles, qui sont un langage en elles-mêmes. Sans prononcer un seul mot, une dame peut vous placer exactement au rang qu’elle estime être le vôtre, et vous ridiculiser parfaitement si vous n’avez pas compris le statut qui vous était assigné, ce qui est généralement le cas pour les nouveaux venus dans ce pays qui est le plus poli au monde.


L’ESSENTIEL

Couverture d'Une odeur de gingembre d'Oswald Wynd

Couverture d’Une odeur de gingembre d’Oswald Wynd

Une odeur de gingembre
Oswald WYND
Editions Folio
Première publication en 1977
480 pages

 

Genre : saga historique
Personnages : Mary Mackenzie
Plaisir de lecture : ❤❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : La femme révélée de Gaëlle Nohant, Promesse et Les saisons du bonheur de Belva Plain, Loving Frank de Nancy Horan

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collinsgsworth, l’attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d’esprit rapidement désapprouvée par la communauté des Européens. Une liaison avec un officier japonais dont elle attend un enfant la mettra définitivement au ban de la société. Rejetée par son mari, Mary fuira au Japon dans des conditions dramatiques. À travers son journal intime, entrecoupé des lettres qu’elle adresse à sa mère restée au pays ou à sa meilleure amie, l’on découvre le passionnant récit de sa survie dans une culture totalement étrangère, à laquelle elle réussira à s’intégrer grâce à son courage et à son intelligence. Par la richesse psychologique de son héroïne, l’originalité profonde de son intrigue, sa facture moderne et très maîtrisée, Une odeur de gingembre est un roman hors norme.


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Une odeur de gingembre

  1. Parce qu’on profite d’un dépaysement total
  2. Parce que le combat de cette femme pour sa liberté est toujours d’actualité dans bien des milieux
  3. Parce que l’écriture est belle, douce et un peu nostalgique

3 raisons de ne pas lire Une odeur de gingembre

  1. Parce que le traitement sous forme de journal intime peut manquer de rythme
  2. Bien que l’on soit au plus près de l’héroïne, elle ne dévoile pas ses pensées et peut paraître froide
  3. Parce que l’ensemble souffre de pas mal de longueurs
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