Une jolie couverture de saison, de la neige à foison, pas de doute Pour seul refuge est bien le thriller à découvrir en ce moment au coin du feu. J’ai donc sorti le plaid, les grosses chaussettes, le café fumant et le chien à défaut de chat, puis je me suis confortablement installée pour dévorer ce roman qui s’annonçait prometteur.

Pour seul refuge de Vincent Ortis (éditions La Bête noire, Robert Laffont)

Pour seul refuge de Vincent Ortis (éditions La Bête noire, Robert Laffont)

Chose tout à fait originale : la 4e de couverture résume la seconde partie de l’histoire mais ne dit pas un mot sur la première. Voilà de quoi m’interdire de vous résumer ce roman sans prendre le risque de vous spoiler. Vous saurez juste que j’ai adoré cette première partie dont personne ne parle mais que je suis totalement passée à côté de la seconde.

Le démarrage conduit à un huis-clos angoissant à souhait dans lequel le lecteur dispose de tout le temps nécessaire pour cerner les réactions et les motivations des personnages avant de comprendre réellement ce qui se trame et va mener à la suite. Cette plongée psychologique m’a passionnée et je serais bien restée plus longtemps en apnée, dans cet univers confiné. J’ai donc vécu la seconde partie comme une remontée à la surface des choses. Beaucoup plus descriptive et de fait, moins immersive. Et c’est là que je me suis perdue en chemin. J’ai petit à petit perdu tout intérêt pour les personnages, leur histoire et les révélations tant attendues. Je me suis sentie comme émotionnellement anesthésiée et engourdie, ce qui a forcément rendu la fin de ma lecture assez laborieuse.

 

« Le mari de la victime », « les orphelins », « les parents ». Rien que des mots sans visage. La douleur ne fait que passer à la barre ! Il y a trois entités dans un procès : la victime, l’accusé et la douleur des proches. La victime a existé, l’accusé existe, la douleur existera.

 

Pour un premier roman, Pour seul refuge est plutôt de bonne facture même si, comme je l’ai dit précédemment je n’ai pas su rester sous le charme de cette intrigue. Je regrette également quelques maladresses dans l’écriture comme ces chapitres en italique qui sonnent assez faux, ces descriptions de personnage sans originalité ou encore l’usage de l’expression la plus horripilante qui soit : au jour d’aujourd’hui. Je sais bien que le style n’est pas ce que l’on juge en premier dans un thriller mais c’est dommage car quand la langue est belle, elle vous prend dans ses filets comme la plus diabolique des intrigues…


L’ESSENTIEL

Couverture de Pour seul refuge de Vincent Ortis

Couverture de Pour seul refuge de Vincent Ortis

Pour seul refuge
Vincent ORTIS
Editions Robert Laffont, La bête noire
Sorti le 12/09/2019
336 pages

Genre : thriller psychologique
Plaisir de lecture : ❤❤❤
Personnages : Ted Cortino le flic, Edward McCarthy le juge et Alan Morocco l’indien
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Sauvez-moi de Jacques Expert, Dans la neige de Danya Kukafka, Jake de Bryan Reardon

 

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

La plus terrible des prisons est celle qui n’a pas de murs.

De la neige à perte de vue, une ourse affamée, pas une habitation à des kilomètres à la ronde.
Seuls, perdus dans les immensités sauvages du Montana, à plus de deux mille mètres d’altitude, deux hommes se font face : un jeune Indien accusé de viol avec tortures et le juge qui l’a condamné.
Chacun possède la moitié des informations qui pourraient les sauver, or :
Ensemble, ils s’entretueront. Séparés, ils mourront.

Un premier thriller sélectionné parmi 150 manuscrits.
12 jurés qui représentent chacun un maillon essentiel de toute investigation judiciaire.
Un prix littéraire pour le genre le plus populaire de France


TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Pour seul refuge

  1. Si vous cherchez un bon thriller d’hiver
  2. Si vous avez envie de découvrir cette fameuse première partie cachée
  3. Si vous aimez les histoires de sombre vengeance

3 raisons de ne pas lire Pour seul refuge

  1. Si pour vous le style est essentiel, même en littérature noire
  2. Très honnêtement je ne vois pas d’autres raisons objectives de ne pas le lire, à partir de là c’est une affaire de goût
0 réponses

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